Cohabitation
Pour la cohabitation avec différentes autres espèces de poissons je ne dirais pas que c’est totalement impossible, je ne dirais pas que tout est possible.
Il existe des aquariums où cela fonctionne sans trop de heurts, il y a des aquariums où les piranhas déchiquètent systématiquement leurs colocataires
Quand l’aquarium est suffisamment spacieux, composé d’un décor d’entrelacement de racines et de plantes formant de grosses touffes à différents endroits de l’aquarium, alors je dirais qu’une cohabitation a beaucoup de chances de réussite mais le risque zéro n’existe pas.
Cela dépendra fortement de l’espèce de poisson, de la strate occupée, poisson diurne..exct.. que l’on cherche a faire cohabiter.
L’espace mis a disposition, la façon, fréquence de nourrissage, les habitudes de proies auxquels les piranhas ont été soumis au stade juvénile, de la taille des piranhas et chose à laquelle on ne pense pas forcement au départ, à une reproduction éventuelle des piranhas ou des colocataires qui modifient alors profondément leurs comportements et leur taux d’agressivité
Pour avoir le maximum de chance de réussir une cohabitation il faut donner la préférence à des petites espèces de pleine eau, qui ne dépasseront pas les 3 à 4 cm en taille adulte, cela limitera déjà l’intérêt du piranha à prendre un si petit poisson comme une proie potentielle lorsque un petit creux se fera ressentir entre deux nourrissages.
Ce genre de petit poisson a un double intérêt; car il se nourrira également des petites miettes laissées / crées par les piranhas lors des distributions de nourriture. La consommation de ces miettes par les petits poissons sera d’un avantage pour l’efficacité de la filtration qui n’aura plus à réduire ces miettes
Je ne peux que conseiller ce genre d’introduction dans des bacs offrants plantes et racines diverses en suffisance, je peux vous garantir que des cardinalis ou autre poissons du même genre/ taille auront bien plus de chance de survie avec des piranhas qu’avec des scalaires altum adultes dans un aquarium
Pour des poissons de pleine eau de moyenne et grande taille, le risque est bien plus omniprésent. Il faut garder à l’esprit que les piranhas ne sont pas des chasseurs nés, mais de vrais opportunistes en ce qui concerne les vifs en tant que proies. De grands poissons se baladant dans le bac seront bien plus souvent, par promiscuité, à proximité des mâchoires des pygos, offrant une surface de prise bien plus facile de par leur taille et risquent alors de se faire mordre sévèrement. ( pas forcement pour finir dévorés, mais la morsure peut occasionner des lésions sévères ouvrant ainsi la porte à des maladies / surinfections diverses..)
J’ai posté quelques vidéos de mes pygocentrus que ce soit avec les natterreri ou avec les pirayas lors de distributions de nourriture, dévorant à pleine dents des éperlans morts ( décongelés)entourée d’une multitude de petits poissons se régalant des miettes les pygos ne leur prêtant aucune attention ou ne montrant une agressivité quelconque à leurs égards.
Dans mon aquarium il y a aussi deux couples d’ancistrus introduit depuis la fin du cyclage du bac.
Ils se reproduisent comme « des lapins » depuis plusieurs mois et doivent actuellement former une communauté de plusieurs dizaines d’individus de toutes tailles. (Beaucoup de juvéniles se font piéger dans le filtre à décantation d’où je les ressors pour les distribuer à quelques amis aquariophiles de ma région).
Les ancistrus adultes d’une taille au alentour des dix centimètres ne sont jamais inquiétés par les pirayas et passent leur temps à brouter sereinement les algues diverses sur les racines.
Une autre espèce de poisson intéressante pour la vie de l’aquarium est le genre silure; ce sont les poissons de fond ;
Là, le genre des platydoras est tout à fait indiqué, il existe différentes espèces, se ressemblants toutes mais atteignant des tailles parfois trop grandes pour nos bacs, le Platydoras costatus par exemple, est une espèce tout a fait indiqué pour un bac de piranhas à partir de 600 litres. (NDLR : les aquariums de volume inférieur à 500 - 600 litres ne sont pas indiqué pour une cohabitation).
Ces poissons de fond vous débarrasseront des grosses miettes, têtes d’éperlan, ou autres morceaux, voir éperlans entier laissés par les piranhas ou tombés dans des zones inaccessibles à la gueule du piranha.
Ce qui fait de ces poissons de fond également un excellent choix pour l’aide à la maintenance de l’aqua
Le costatus passe la majeure partie de la journée dans une petite cuvette sous les racines , ne se promenant guère en pleine journée, sauf lors des distributions de nourriture.
De part son mode de vie plutôt nocturne et très discret il n’offrira pas beaucoup d’opportunité aux pygo
Ses piquants sur sa cuirasse lui donnent un air de « méchant » ce qu’il n’est absolument pas. Il est plutôt du genre timide, se désintéresse totalement des pygos, mais ne laissera aucune chance aux alevins ou petits poissons dormant la nuit au raz du sol ..il ne poursuivra pas les poissons, se contenta d’aspirer celui qui aura le malheur de s’endormir là où il passe. La taille des proies est directement dictée par la taille de sa gueule, gueule grandissant en même temps que lui.. On peut dire que c’est également un opportuniste concernant la prise de vifs.
Mais il rendra bien plus de service à la propreté du bac qu’il ne fera de dégât parmi la population des petits poissons.
Les cohabitations impossibles ou déconseillées
Les autres cohabitations avec des grand poissons genre astronotus, arowana…. ne riment à rien, n’apportent rien à la maintenance du bac, bien au contraire et s’apparente à de la roulette russe ; donc à éviter absolument et maintenir ces espèces en bac spécifique où ils seront bien plus heureuses.
Les grand « suceur » tel le pleco, gibiceps… ou autre gros L feront également bien plus de dégâts qu’ils n’apporteront de bienfaits à l’équilibre de l’aquarium
Les grand poissons auront également tendances à créer et entretenir par la force des choses des situations conflictuelles avec les pygo tant au niveau des territoires occupés qu’au niveau des distributions de nourriture ; les pygo n’en ressortiront pas toujours vainqueurs non plus.
Je terminerais en disant que qui veux tenter une cohabitation avec des pygocentrus devrait acquérir ses poissons au stade juvénile, les nourrir exclusivement avec des nourritures inertes,
Ne les laissant pas jeuner durant des semaines, mais plutôt les nourrir à petits/ faibles doses rapprochées
Tout dépendra aussi avec quel oeil l’aquariophile voit ses piranhas et ce que nous croyons ou croyons savoir nous même de ces bêtes.
Certain les élève pour les voir déchiqueter leur proies; celui là dira que rien ne cohabite et nourrira ses piranhas avec des vifs ou autres animaux vivants, en pensant également faire pour le mieux. C’est une façon de voir les piranhas ; comme des tueurs, sautant sur tout ce qui bouge dans l’eau
Ce genre d’aquarium est généralement de petit ou moyen litrage, avec un décor pauvre, ne laissant aucune échappatoire au vif.
Ces piranhas sont alors habitués à manger du vif (pour ne pas dire condamné à manger du vif pour ne pas mourir de faim) et là, aucune cohabitation ne sera possible .
Ce genre d’aquariophile serait même malheureux si ces poissons s’arrêtaient de déchiqueter les proies, brisant ainsi son mythe..
C’est un choix dès le départ, selon ce que l’on croit être la meilleure des solutions
Ces piranhas étant alors comme dressés, par la force des choses à être des tueurs.
En résumé :
La cohabitation est possible si :
Le bac est conçu pour ; de part l’agencement d’un décor adéquate et de par la taille du bac laissant à chaque espèce suffisamment d’espace pour se créer son propre territoire
Des territoires suffisants en espaces occupés et défendus par chaque pygo ou groupe de pygo
Des espèces mises en présences principalement aux nivaux des mœurs de vie et strates occupées
Des habitudes alimentaires antérieures au début de cohabitation des pygos ( surtout quand on achète des pygocentrus adultes à un autre aquariophile)
De la fréquence de nourrissage des pygos
De la taille des colocataires
De la présence de géniteurs dans le bac (valable aussi pour les colocataires qui veulent défendre une de leur ponte)
En conclusion:
Si vous tenter une cohabitation, n’ajouter pas n’importe quoi, ne tenter la cohabitation qu’en toute connaissance de cause des échecs possibles et ne la tenter qu’avec des espèces qui amèneront quelques chose au bac ; éviter les espèces qui amèneront des contraintes supplémentaires (nourrissage spécifique, filtration spécifique..)

